Biographie

photo Boris Lejeune

Actualité : Boris Lejeune travaille sur un monument aux morts pour la ville d'Orange. Ce mémorial rendra hommage aux 332 victimes Orangeoises de la Terreur pendant la révolution française, et particulièrement aux 32 Bienheureuses Soeurs de Bollène. Cette grande sculpture sera installée en 2018 devant le théâtre municipal.

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Télécharger un exemplaire du hors-série "Mémoire de la Terreur à Orange, 1794 - 332 morts dont 32 religieuses martyres" de la revue municipale Orange Vérités
Télécharger l'article de Boris Lejeune "L'exploit des Bienheureuses Martyres d'Orange" dans le dernier numéro de la revue Catholica

"LA SIGNIFICATION DE LA SCULPTURE: L'APOTHÉOSE DE LA VIE

À certains moments de l'histoire, on dirait que le mal triomphe en toute impunité. C'est le cas de la Terreur, dans les années 90 du dix-huitième siècle.

Ces forces de l'ombre auxquelles seule la lumière, une lumière particulière de l'âme, pouvait s'opposer.

Le relief qui se trouve sur le piédestal, au niveau des yeux du spectateur, représente cette scène malheureusement banale à cette époque : la victime est étendue sous la lame de la guillotine, deux bourreaux, artisans appliqués de la mort, ce sont les dernières minutes d'un homme jugé coupable. Sur les feuilles de métal disposées de l'autre côté du piédestal sont gravés les centaines de noms des personnes exécutées à l'endroit même où doit être érigée ce monument.

En levant les yeux, le spectateur verra un groupe sculptural qui figure justement la transformation de l'ombre en lumière du triomphe. J'ai représenté le moment de l'apothéose, l'instrument froid de la mort, la guillotine, se transforme en portail, l'entrée du ciel au dessus duquel un ange tenant une palme à la main, symbole du martyre, accueille les moniales dont l'exploit est éternel.

Sous le relief, un extrait du poème d'une des moniales, dans lequel elle triomphe sur la guillotine, la vie éternelle sur la mort, est gravé sur une feuille de métal.

Qui te craint, ô guillotine,
A mon avis, à grand tort;
Si tu nous fais grise mine
Tu nous conduis à bon port.
Si tu nous parais cruelle
C'est pour notre vrai bonheur:
Une couronne éternelle
Est le prix de ta rigueur."
Boris Lejeune



Boris Lejeune est né à Kiev en 1947.

En 1974, il achève ses études de sculpture à l'Institut des Arts Répine (ancienne Académie Russe des Beaux-Arts), à Saint-Pétersbourg. De retour à Kiev, il exécute une série de sculptures monumentales, participe à des expositions dans plusieurs villes de Russie et d'Ukraine, et entre à l'Union des Artistes de l'URSS.

En 1980, il émigre en France, vit quelques temps à Paris, puis s'installe dans un petit village de Champagne-Ardenne avec son épouse. Frappé par la beauté de l'endroit, il en sculpte pour la première fois les paysages à la terre glaise, puis les fond dans le bronze. Ses oeuvres sont remarquées par la critique : en 1983, Boris Lejeune est primé au concours national Expressions - Sculptures. En 1987, il remporte le concours pour l'installation de cinq sculptures monumentales dans les jardins du Boulevard Pereire à Paris. Il est également l'auteur d'une plaque commémorative dédiée au poète russe Ossip Mandelstam, située rue de la Sorbonne à Paris.

Par la suite, Boris Lejeune réalise des sculptures pour un grand nombre de villes de France et du Luxembourg, et participe à plusieurs expositions en France et à l'étranger. En 1994, un film est tourné à l'occasion de la création de la sculpture Vignes de Laon.

En 2002, Boris Lejeune réalise la sculpture Cep de vigne pour le lycée Clemenceau à Reims.

En 2006, il sculpte une stèle de Robert-Jean de Vogüe, ancien président de la Maison Moët & Chandon. La stèle est installée dans la ville d'Épernay.

En avril 2010, il réalise la sculpture L'Ange au pied de vigne pour le Domaine de la Romanée-Conti, à Vosne-Romanée en Bourgogne.

En 2012, il réalise une sculpture de Bernard Stasi qui est installée à Épernay, sur la place des Arcades nouvellement renommée Place Bernard Stasi. La même année, il participe à l'exposition franco-russe "Les couleurs et les lettres", à l'Orangerie du Sénat à Paris.

En septembre 2013, une grande sculpture de Jeanne d'Arc est inaugurée à l'ermitage de Bermont, près de Domremy, village natal de Jeanne.

En parallèle de la sculpture, la peinture et l'écriture (poésie, essais) occupent une place importante dans son oeuvre.
Il publie trois recueils de poésie aux Éditions de la Différence. Après la mort de son ami Jean-Marie le Sidaner, en 1992, il fonde et dirige la revue Présages, puis, quelques années plus tard, inaugure un rapprochement entre poètes russes et français par l'intermédiaire d'une nouvelle publication bisannuelle, Dépôt. Un grand nombre de ses poèmes ont été traduits dans d'autres langues, et inclus dans l'anthologie de poésie russe Poètes russes d'aujourd'hui.

Les Éditions de la Différence ont publié cinq autres livres sur sa création :
- Boris Lejeune - Cinq sculptures boulevard Péreire (1991)
- Visages Antérieurs - textes de Zéno Bianu, Yves Mabin Chennevière, Guillevic, Michel Mourot, Bernard Noël, Claude Michel Cluny, Michel Deguy, Michel Butor, Alexis Gloaguen, Vahé Godel, Colette Lambrichs et André Velter, avec leurs portraits sculptés ou dessinés par Boris Lejeune (2001)
- Genèse de l'arbre - avec Bernard Noël (1992)
- Terre Ciel Visages - avec Guillevic, Alexis Gloaguen, Vahé Godel et Jean-Marie le Sidaner (1995)
- Les Images et l'Image - avec Claude-Michel Cluny, Michel Butor, Michel Deguy, Jean-Luc Guichet, Christian Prigent, Jean-Baptiste Para et Jean-Luc Nancy (2003).

En 2002, Le miroir des heures : un équilibre instable, un recueil de ses poèmes et essais, paraît à Moscou.

En 2012, Boris Lejeune participe au livre collectif franco-russe Art ou mystification ? avec l'essai "L'art contemporain : la perfection de la mort". Cliquez pour accéder au texte.

En 2014 paraît le livre Qu'est-ce que la beauté ?, composé d'une première partie de Jean Brun, publiée à titre posthume et qui trace la genèse de la "mort de l'art", et d'une seconde partie écrite par Boris Lejeune. Cliquez ici pour vous rendre sur le site de l'éditeur.

Article paru dans Famille Chrétienne n°1864, octobre 2013 (cliquez pour agrandir) :



Film sur la création de la sculpture Vignes de Laon (1994) :